Kenny Belaey qui est rentré des USA après son show lors d’un match de NBA, sa vidéo dans les rues de San Francisco, sa visite chez GT afin de préparer sa saison 2012. Après les shows, Kenny Belaey est en mode compétition ou l’organisateur se mélange avec le compétiteur. Le multiple champion du Monde UCI fait le point avec nous.
Il est 8h30, Skype sonne, Kenny Belaey est en ligne. Dès la fin de notre entretient il se rendra sur son entrainement matinal avant de poursuivre son travail pour organiser la Coupe du Monde de Aalter. Kenny a répondu avec enthousiasme et passion à nos questions.
RR : Bonjour Kenny, tu as bien récupéré de tous tes voyages ?
Kenny Belaey : Oui maintenant ça va, je suis au top.
RR : Tu es mentalement dans la course ?
KB : Exact. Maintenant je ne pense plus qu'à la compétition. C'est mieux. Cela fait longtemps que je n'ai pas fait ça et c'est vraiment bien de ressentir ça. Ca fait du bien, car en février et en mars, je n'ai pas passé un jour chez moi.
RR : J'ai vu que tu as encore voyagé à travers le monde.
KB : J'ai pas fait des démos comme avant où je faisais 30 shows en 10 jours. Là, je n'ai fait que 5 shows, mais que des bons ! Plus de qualité et moins de quantité.
RR : Tu as fait, notamment, un show aux USA, lors d'un match de la NBA !
KB : C'était fou, il y avait 20 000 personnes. J'étais dans la salle 3 jours avant et lorsqu'il y a eu un show de danse tout le monde partait. Quand ils m'ont vu avec un vélo ils sont restés. C'était assez fou comme ambiance.
Mais j'ai eu un peu de malchance. J'avais une roue prototype sur mon vélo de compétition. Je n'avais que 6 minutes pour rouler. Je ne pouvais pas rouler sur le terrain car les pneus laissaient des traces. J'avais donc dit ok, je commence avec le vélo de compétition pour descendre les escaliers puis je prendrais le 24 pouces pour rouler sur le terrain avant de reprendre mon vélo de compétition pour terminer le show sur les modules. Et enfin le vélo de street pour sauter par dessus les filles.
Mais après une minute, 4 rayons se cassent … devant 20 000 personnes. J'ai du faire de gros passages avec le vélo de street. J'ai tout fait mais il y avait un saut de 3m. Ma jante n'était pas meulé, j'avais peur de partir en arrière. Je suis descendu un peu en travers et j'ai plié ma roue arrière. Je devais encore sauter par dessus les filles. Tu imagines le show était en direct sur ESPN, devant des millions de personnes. J'ai terminé la démo en sautant par dessus les filles. Mais la roue a touché les patins, et je devais pédaler à fond pour avancer... J'avais le stress. Mais mon expérience de la compétition a fait que j'ai terminé sans me poser de question. Au final, les 20 000 personnes étaient debout pour applaudir. C'est fou, je n'avais jamais vécu ça avant.
RR : Lors de ton passage aux USA, tu as rendu visite à GT. Cela veut dire que ton futur vélo avance ?
KB : Oui GT est en train de dessiner le vélo. Je pense que j'aurai un proto d'ici 3 à 4 mois. Pour la production, il faudra attendre la fin de l'année. GT, c'est une très bonne chose pour moi, tant au niveau financier qu'au niveau marketing. Ils ont une plateforme internationale.
RR : A cet occasion, tu as fait une très belle vidéo dans les rues de San Francisco !
KB : Merci beaucoup. J'avais hésité entre le 24 et le 26. Mais le 24 est mieux adapté à ce style. Mais encore une fois, je n'ai pas fait du bien à mon corps, et pas travaillé ma préparation. Car sur ce vélo, il faut changer de position. J'avais mal partout. Mais bon, j'ai une belle vidéo non ? (rire)
RR : Maintenant, tu es en mode compétition, mentalement dans la course. Tu es allé aux Koxx Days pour faire une performance ou pour te jauger par rapport aux autres pilotes ?
KB : Pour une fois, j'y suis allé pour rouler à fond. Cela fait des mois que je me prépare sérieusement, avec mes coachs pour continuer à progresser. C'était un bon test pour moi, même si je termine avec beaucoup de points. J'ai fait toutes les zones au moins une fois à zéro. C'est bon, mais j'ai aussi fait des 5 sur des bêtises. Mais bon, c'est mieux de faire des erreurs comme ça, à ce moment, que dans quelques semaines lors des courses UCI.
RR : Parlons maintenant de ton autre rôle, puisque tu vas organiser 2 Coupes du Monde, ce qui n'est pas courant pour un coureur.
KB : La ville d'Aalter me donne beaucoup de moyens pour mettre le trial en valeur. Il y un « price money » pour les 8 premiers, le speed trial le vendredi soir et une production TV avec Sporza. Volkswagen va relancer le clip que j'ai fait l'an dernier afin d'annoncer la course. Ils sont partenaires et la pub qui va passer sur la chaîne nationale et dans les cinémas va informer le public de la Coupe du Monde d’Aalter avec Kenny Belaey. C'est une chose exceptionnelle pour le trial.
RR : Sporza n'est visible qu'en Belgique où on peut le voir aussi sur internet comme pour le cyclo-cross ?
KB : C'est possible, mais ce n'est pas encore sûr. Sur place, il y aura un écran géant de 30m². C'est un grand camion qui vient avec l'écran. Il y aura aussi des concerts. Il y a une tribune pour 800 personnes, et presque 2000 personnes debout sur plusieurs niveaux. Il y a aussi de la place pour 6000 personnes de plus tout autour des zones. J’espère que tout cet espace va être utilisé.
RR : La compétition s'annonce exceptionnelle, effectivement.
KB : Je fais mon maximum pour. Hier, j'ai fait un démo dans une école pour promouvoir l’événement. Je vais aussi organiser une « eliminator race » sur un parcours simple ou le vainqueur repartira avec un vélo. Pour faire un peu de buzz dans les écoles, je fais des démos pour donner des flyers et faire venir les enfants qui voudront gagner le vélo, en espérant qu'ils soient là avec la famille le jour de la course.
RR : Pourquoi avoir choisit Aalter ? Parce que c'est ta ville ?
KB : Non, c'est le plus grand des hasards. J'étais au restaurant l'an dernier. Et j'ai vu le responsable des sports. En rigolant, je lui ai demandé s’il voulait organiser une Coupe du Monde. On a bien rigolé. Puis deux semaines après, il m'a appelé pour connaître le tarif et me dire qu'il voulait essayer d'organiser. En fait, c'est un cadeau pour moi. Ils n'ont jamais fait vraiment beaucoup pour moi. C'est une manière de me remercier. Ils aiment bien dire merci. En plus, j'habite ici et je pense qu'il y aura beaucoup de monde.
RR : Après, tu vas organiser la Coupe du Monde à Anvers.
KB : On va essayer de faire plus au niveau des médias. On ne va pas trop changer, car l'an dernier, l’événement a bien fonctionné. On reste sur le même site. On va essayer de faire des graffitis sur les zones, comme à Pra Loup l'an dernier.
RR : Tu vas venir sur les Trial Pro Series ?
KB : Oui je vais venir. Il y a une date que je ne pouvais pas faire mais apparemment elle n'est plus au calendrier. Je vais venir, c'est sûr, il y a des points UCI à gagner. Pour Aix-les-Bains cela m'embête un peu, car c'est juste une semaine avant Aalter.
RR : Ça va te permettre de sortir un peu de l'organisation...
KB : Oui, c'est vrai, mais c'est un long voyage. Il faut aller dans les Alpes.
RR : Tu n'as qu'à prendre l'avion.
KB : Ah oui, par Lyon ou Genève c'est pas mal. Tu as raison. Pourquoi pas, en avion ça va plus vite, il y a moins de stress et ça coûte souvent le même prix qu'en voiture. Mon coach m'a dit que je devais y aller, donc je vais venir. Ça me fera couper avec l'organisation.
RR : Tu connais l'histoire de la Super Finale. Tu peux nous en dire plus, toi qui est proche de l'UCI.
KB : Oui je me rappelle, c'était à Pra Loup. Le samedi, il y avait Dani Parramon (le coordinateur UCI) qui était au restaurant de l'hôtel. Il me dit : « tu as 5 minutes » ?, j’ai répondu par l’affirmative et on a parlé pendant 3 heures.
Après Anvers, j'avais déjà dit que les gens ne pouvaient pas tout voir. Impossible de suivre Vincent Hermance, Gilles et Giacomo Coustellier ou Abel Mustieles, Benito Ros et Rick Koekoek par exemple. Tu ne peux pas les voir tous en même temps. Et les médias ne peuvent pas se concentrer sur un coureur.
A Anvers, j'ai parlé avec Sporza. Ils m'ont dit que le format n'était pas bon pour la télévision, justement parce qu'il ne pouvait pas montrer comme il faut. Ou alors il faudrait 6 caméras.
On a longuement discuté et trouvé plusieurs solutions, mais rien n'était vraiment intéressant. Puis j'ai eu l'idée de la super finale. Parramon a aimé, on en parlé avec Fisch qui a aimé lui aussi, ainsi que Joël qui s'occupe des commissaires. Puis à Pra Loup, je suis allé en parler avec Hermance, Ros, Mustieles, Caisso qui en a parlé aux Coustellier et tout le monde était d'accord avec cette idée. Je l'ai dit à Dani Parramon, et maintenant c'est au règlement UCI. C'est une bonne chose. La Super Finale se fera sur 4 zones avec le handicap des points comme au golf. Mais il y a encore des détails à régler, comme la gestion des 15 minutes.
RR : Pour le public et la télévision, ça ne va pas plaire si un pilote reste bloqué 40 secondes sur une zone !
KB : Oui tu as raison, c'est peut-être mieux de faire la course comme lors de la finale ou tu as ton temps de course mais aussi ton temps en zone à respecter. Il faut qu’on discute de ça avant le début de la saison.
RR : Merci Kenny de nous avoir consacré de temps, il est temps d'aller t'entrainer.
KB : Merci à toi, on se voit à Aix les Bains.
Interview: Frank Chastel

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